• Frédéric Parmentier

Le Nudge Musique Management, ou l'art du management en musique

Mis à jour : avr. 26


Si les mots de performance, de créativité, intelligence émotionnelle et collective, d'harmonie vous parlent, c'est qu'ils vous sont non seulement familiers dans le champ lexical de la musique, mais aussi dans celui du management qui fait appel à de nombreuses compétences, de nombreux talents, savoir-faire et savoir-être.

Dès lors il est intéressant de se pencher plus avant sur ce qui rend la musique si légitime comme instrument managérial.

En premier lieu, à l'instar du management qui recouvre des disciplines d'une grande diversité,

La musique diffuse ses bonnes ondes dans un rayon largement ouvert à 360°.

Pour l'ensemble des composantes d'une société, ses applications et bénéfices concrets en sont, comme vous l'aurez constaté à la lecture du schéma ci-dessus, non seulement d'une immense richesse, mais aussi incroyablement interconnectés. Ces relations quasi synaptiques pour reprendre une image neurologique, constituent une cartographie sans précédent qui souligne la richesse de l'outil à travers ses nombreux potentiels d'usage.

Aussi, l'approche holistique du Nudge Musique Management repose sur 4 piliers fondamentaux de la musique qui donnent tout leur sens dans l'environnement de travail : la gestion des émotions, le langage universel, l'harmonie et la création sont en effet à mes yeux au coeur des préoccupations de la plupart des sociétés aujourd'hui.

La musique est de fait ce Nudge, ce coup de pouce, ce supplément d'âme, véritable trait d'union au service du management qui favorise, avec son air de ne pas y toucher, les comportements vertueux au travail.

Paul Dolan, professeur d'économie comportementale à la London School of Economics, a conduit de nombreuses études qui témoignent de l'influence manifeste de l'environnement de travail sur ces comportements. Il a conçu l'acronyme SALIENT, (pour Sound, Air, Light, Image, Ergonomics, Nature, Tint) qui place l'ambiance sonore et tout particulièrement la musique dans le champ de la performance au travail.

Dire que la musique est émotion est un euphémisme

Quel autre forme d'art procure de façon aussi évidente et manifeste de tels frissons, un tel bien-être? De nombreux neuroscientifiques, de Daniel Levitin à Stefan Koelsch en passant par Emmanuel Bigand ou Hervé Platel en France, on démontré ce que notre intuition envisage déjà, à savoir que la musique nous aide à gérer nos états émotionnels dans un axe dynamique qui va de la motivation à la réduction du stress. Une émotion, e-motion, est par essence motrice. Les neuroscientifiques y voient le rôle fondamentalement énergisant de la dopamine. Se mettre en disposition par la musique pour se motiver est une évidence déjà valorisée dans le domaine sportif tant associé à la performance. Quoi de plus surprenant quand on sait que la musique donne le tempo et que notre cerveau enregistre et se synchronise, agissant notamment sur nos rythmes cardiaques et sur nos dépenses énergétiques? En 2015 la Fédération Française d'athlétisme a tranché, interdisant l'usage de la musique lors des courses à pied hors stade afin notamment de ne pas créer de favoritisme et de placer chaque compétiteur sur un même plan d'égalité.

Pour en revenir au monde du travail, on voit bien que la musique est un Nudge, un petit plus, qui au besoin, nous aidera à nous remobiliser.

Non content de détenir ce pouvoir magique de motivation, la musique détient une vertu tout aussi intéressante par les temps qui courent parfois trop vite avec son lot de tensions : elle est un formidable remède contre le stress. En effet, cet air si spécial, cette "bulle" protectrice qu'est la musique "douce" au tempo souvent plus lent (par opposition aux musiques de motivation davantage "uptempo"), va réguler l'hormone du stress, le Cortisol, ainsi que la sérotonine, et venir nous apaiser, "adoucir les moeurs" comme dit l'expression pop-ulaire.

De la joie à la sérénité, rien d'étonnant que la musique propose une telle palette dynamique de performance au travail.

Plaisir pur, elle nous incite au jeu, nous met dans de bonnes dispositions et, favorisant une bonne humeur, un esprit "feelgood", la musique attire les bonnes ondes pour une meilleure reconnaissance.

Dans l'environnement de travail, des espaces dédiés savamment sonorisés avec des playlists appropriées et associées à des objectifs précis de motivation ou de relaxation vont naturellement apparaître, favorisant le bien-être individuel et collectif.

En cela le Nudge n'est finalement que la version moderne de la philosophie Stoïcienne qui incite chacun à se placer aux commandes de ses émotions et non de les subir. Outil managérial, la musique l'est aussi au sens de l'auto-management. Utilisée à bon escient de manière collective, elle s'inscrit favorablement dans nos rituels quotidiens. Les études le prouvent : un peu plus d'une heure d'écoute quotidienne nous place dans une perspective favorable de bien être.


Si la musique nous émeut, elle n'en demeure pas moins un formidable outil cognitif, véritable langage universel comme le chante si bien Stevie Wonder dans sa chanson Sir Duke,

"Music is a world within itself with a language we all understand"

Nombre de chercheurs, musicologues, établissent les premières traces musicales entre 40000 et 60000 ans avant JC. Il est en théorie probable que la musique ait constitué un champ lexical utile à l'adaptation de l'homme bien avant le langage. De notre plus tendre enfance, jusqu'à un âge avancé, la science démontre avec certitude que la musique est un grand marqueur mémoriel. Favorisant l'apprentissage depuis Aristote jusque dans nos écoles maternelles modernes, ranimant les amnésies de nos fins de vie, la musique est ce qui reste à notre esprit quand celui-ci semble avoir tout perdu.

Largement utilisée en entreprise à des fins de concentration par l'usage généralisé du casque, la musique s'inscrit sous sa forme la plus savante, dans l'efficacité du focus nécessaire à l'accomplissement de certaines tâches. La mobilisation de nos fonctions cognitives est donc renforcée à travers la musique et favorise non seulement l'apprentissage, mais aussi nos capacités d'écoute et d'empathie. Celles et ceux qui développent une oreille musicienne dans la compréhension de ses composantes (rythme, tempo, timbres, hauteur tonale, position spatiale, volume...) se disposent naturellement à une meilleure compréhension empathique de leurs collègues renforcée par la mémoire de leurs apprentissages.

En résumé, la symphonie neuronale de l'outil musical peut être savamment diffusée afin de nous permettre non seulement une meilleure concentration à la réalisation de nos ouvrages, mais aussi favoriser une expérience positive d'apprentissage et in fine une meilleure compréhension de ses collègues. Ceci nous tourne naturellement sur une autre composante de la musique car

se réunir autour de la musique dans le cadre d'une entreprise, c'est partager autre chose que la délivrance d'un produit, d'un service ou de tout type de résultat, c'est partager des goûts, des valeurs, un sens commun

L'harmonie est essentielle pour toutes les sociétés car l'homme est un animal d'essence social qui aujourd'hui encore plus qu'hier aspire réellement à "faire société". Le neuroscientifique a observé que la musique active la production d'ocytocine, hormone dite de "l'amour" qui favorise des comportements sociaux. Le système harmonique que propose la musique ne consiste pas à nier les individualités, mais à les fédérer en leur faisant jouer au plus juste dans le meilleur des registres. Chacun dans son rôle, à sa place, participe à un tout plus grand que lui. Cette fédération est savamment orchestrée dans un sens commun constitué de valeurs incarnées et mises en musique afin de contribuer à une véritable culture d'entreprise. Tout un art managérial qui contribue à un amour collectif de réaliser de belles oeuvres, de bons services, de beaux produits. La passion de ce point de vue esthétique nous anime dans nos réalisations et participe donc de la philocalie (amour de la beauté).

Bien évidemment la musique est par nature associée à un esprit de partage et de convivialité qui fait une partie de son sel. Point de solitude avec "un bon son" comme on dit aujourd'hui, mais plutôt un fidèle compagnonnage qui inspire toute notre confiance et ne déçoit jamais. C'est en permettant de tisser de solides liens entre collaborateurs que la musique peut "donner le la" et renforcer une culture d'entreprise qui fait sens dans la mission qu'elle se donne. Sans effet secondaire, la musique, qu'elle soit simplement écoutée dans les environnements de travail adaptés ou bien pratiquée en groupe, se révèle un complément efficace à la sempiternelle machine à café ou au "bébé football". Régulant nos émotions, mobilisant nos ressources cognitives, mettant au diapason la somme de nos égos pour une résultante supérieure, il nous reste à considérer sa dimension la plus impalpable et irrationnelle pour nos esprits cartésiens naturellement portés sur les chiffres et les sciences.

La musique est création, elle constitue pour l'entreprise un domaine d'innovation inédit.

L'explication à ce phénomène si incroyable que tant d'artistes, musicologues, neurologues ou mélomanes tentent inlassablement de percer, tient au fait que la musique, cette muse aérienne, contient en elle une part essentielle de mystère. Ce "myst/air" est bien entendu inenvisageable aux oreilles de nos esprits rationnels. Pourtant, il est bel et bien là, dans l'alchimie et la magie de simples notes, rythmes, timbres qui flottent dans l'air et vont contrairement à l'image, jusqu'à percer certains murs.

Rien d'étonnant que depuis la nuit des temps, les religions se soient emparées de ce phénomène qui nous dépasse pour élever les esprits. C'est ce domaine "sacré" du champ invisible rendu visible qui fait de la musique un véritable media/medium, qui agit comme désinhibant créatif et porteur de liberté. Si vous cherchez un "Ice-breaker" pour vos réunions, la musique est une excellente compagnie. Pour des équipes de créatifs, rien de tel qu'une playlist appropriée pour un brainstorming.

"Utile (Julien Clerc)"

Mettre en musique de tels instruments, de tels outils, participe légitimement on le voit bien, au domaine du management à travers sa composante comportementale du Nudge. C'est là toute la vocation de MaZic : contribuer tout à la fois à la qualité de vie au travail, au bien-être, à la convivialité, à l'engagement, la motivation, favoriser le "faire société", l'esprit collectif, donner du sens, renforcer la culture d'entreprise, et l'innovation. Car pour la musique, du futile à l'utile, il n'y a que l'espace d'un silence.





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