• Frédéric Parmentier

Que nous enseigne l'héritage musical feelgood😀de Bill Withers?

Dernière mise à jour : 7 avr. 2020

La nouvelle de la disparition de Bill Withers, un des plus grands artistes de la soul musique, a été reçue par tout mélomane ou musicien avec une immense tristesse. Au delà de cette émotion, je pense à sa famille dans la peine et le deuil, et espère notamment de tout cœur que sa fille Kori reprendra le flambeau.

"Lean on me"

Si il y a des oeuvres musicales feelgood, que je classifie dans mes playlists selon leurs fonctionnalités et leurs dynamique propres (Feelgood pour dynamiser, Feelbetter pour apaiser, Workfocus pour se concentrer et Workfree pour libérer sa créativité), il y a des artistes feelgood. Bill Withers était de ceux là, ses chansons s'inscrivant notamment dans ce que Daniel Levitin, neuroscientifique et ancien ingé-son, qualifie de chansons d'amitié. Celles-ci ont pour vocation de nous relier dans notre fraternité et de nous consoler. Bill Withers, de la soul, de l'âme, incarne mieux que quiconque cet ami Feelgood et Feelbetter. Il démontre qu'une musique a priori calme ou triste peut nous faire du bien.

Outre atlantique, dans les affres du virus et du confinement, nombreux le pleurent, nombreux se souviennent, nombreux chantent celui qui même mort nous parle et nous soutient plus que jamais:


"Sometimes in our lives we all have pain We all have sorrow But if we are wise We know that there's always tomorrow Lean on me, when you're not strong And I'll be your friend I'll help you carry on For it won't be long 'Til I'm gonna need Somebody to lean on Please swallow your pride If I have things you need to borrow For no one can fill those of your needs That you won't let show You just call on me brother, when you need a hand We all need somebody to lean on I just might have a problem that you'll understand We all need somebody to lean on Lean on me, when you're not strong And I'll be your friend I'll help you carry on For it won't be long 'Til I'm gonna need Somebody to lean on

You just call on me brother, when you need a hand We all need somebody to lean on I just might have a problem that you'll understand We all need somebody to lean on If there is a load you have to bear That you can't carry I'm right up the road I'll share your load If you just call me (call me) If you need a friend (call me) call me uh huh(call me) if you need a friend (call me)"


Vous conviendrez avec moi de la résonance et de la force de cette chanson dans notre triste actualité.

Nous luttons aujourd'hui à travers nos activités télétravaillées, nos diversions salutaires, nos blagounettes, nos échanges digitaux. Dans ce contexte, les chansons de Bill Withers nous tendent une main fraternelle en toute humanité et nous mettent du baume au coeur. En fait elles sont tout simplement le reflet d'un parcours et d'une oeuvre atypiques.

«Avant d’être chanteur, j’installais des toilettes dans les avions ; croyez-moi, on se passe plus facilement de chansons que de toilettes.»

Bill Withers, archétype du grand songwriter, a puisé son inspiration dans la simplicité et l'humilité de ces premiers apprentissages professionnels, de ces premiers métiers. Après avoir surmonté dans sa jeunesse ses problèmes de bégaiement avec l'aide de la musique, il passera 9 ans au service de l'US Navy avant de rejoindre la compagnie Weber Aircraft en tant qu'ouvrier spécialisé dans l'installation de toilettes dans les avions. C'est à seulement 32 ans que notre "working-class hero" perce avec son titre "Ain't no sunshine" pour se consacrer définitivement à la musique dont il écrira dans les années 70 les plus belles pages en toute discrétion. Il ne sera jamais dupe des ficelles du show-business, préférant toucher le coeur des gens, plutôt que manier les artifices habituels du métier. Il est d'ailleurs symptomatique qu'il décide d'arrêter sa "carrière" au mitan des années 80, alors que l'image à travers les clips et MTV allait prendre définitivement le pas sur la musique.

"Still Bill"

De la palette intimiste de ses chansons réalisées sur le label Sussex, aux titres plus groovy parus chez Columbia à partir du milieu des années 70, Bill Withers nous laisse un des plus précieux legs de la musique soul, celui qui élève nos coeurs et nos âmes. J'ai la chance de posséder l'intégrale de sa discographie, et croyez-moi, il n'est pas grand chose à jeter tant son oeuvre fut celle d'un artisan, qui aura incarné des valeurs humanistes exceptionnelles. Intronisé en 2015 au Rock'n'Roll Hall of Fame par Stevie Wonder en personne, son héritage est immense. Pour vous en convaincre, je vous conseille d'écouter les disques somptueux de Michael Kiwanuka. Quant à moi, j'essaierai de toujours me considérer comme un artisan qui oeuvre en toute simplicité et sans me prendre au sérieux à enchanter ceux qui m'entourent, au travail et ailleurs. En famille, lors de nos Live Sessions désormais hebdomadaires, nous avons tenu à lui rendre hommage à travers la reprise de "Just the two of us". Est-ce l'émotion, la fatigue du virus? C'est loin d'être parfait, mais le coeur y était. Still Bill...


Hommage de Bill Withers à regarder en seconde partie du concert, ici https://youtu.be/8IYY1Y0-7jA

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